Une semaine plus tard, tout était prêt.
J'avais envoyé des invitations au comte de Falkenheim et au père Anselme. Aux notables de Falkenbourg , aux paysans du domaine , des villages voisins et bien s?r, au baron Ulric.
Si je réussis je veux qu'il le voit et si j’échoues, autant que ce soit spectaculaire.
? Tu es s?r de vouloir faire ?a ? ? demanda Lise le matin du test.
? Oui. ?
? Et s'il y a un problème ? Si la chaudière explose ou si le piston se coince ? ?
? Alors on aura essayé. ?
Elle me regarda longuement. ? Tu es fou. ?
? ouais je suis fou de toi?
Elle sourit malgré son inquiétude.
à midi , devant la mine inondée, Il y avait du monde.Beaucoup de monde.
Le comte de Falkenheim était là, entouré de ses conseillers. Un homme dans la cinquantaine, grand, mince à l'air sévère. Le père Anselme était présent et visiblement nerveux.
il y avait une trentaine de notables de Falkenbourg Marchands, artisans, petits nobles mais aussi une centaine de paysans, venus par curiosité et Ulric. Entouré de ses lèche-bottes, sourire narquois aux lèvres.
? Quelle foule, ? murmura Lise à c?té de moi.
? Oui. ?
? Tu es prêt ? ?
? Non mais on y va quand même. ?
Je me suis avancé vers la pompe.
Wilhelm et Gregor m'attendaient déjà là-bas, près de la chaudière.
? Monseigneur, ? dit Wilhelm, ? tout est prêt. ?
? comment sa se passe avec la chaudière ? ?
? elle est remplie et contient deux cents litres d'eau en tout ,le feu est allumé depuis trois heures et la pression monte.?
? De combien ? ?
? Difficile à dire sans jauge, mais... je dirais qu'on approche du seuil. ?
Je hochai la tête. ? Bien, on attend encore un peu. ?
Le comte s'approcha.
? Baron Rothfeld. ?
Je m'inclinai. ? Comte de Falkenheim. Merci d'être venu. ?
? J'ai entendu parler de votre... machine. ? Il regarda la pompe avec scepticisme. ? Vous affirmez qu'elle peut vider cette mine ? ?
? Oui, Excellence. ?
? En combien de temps ? ?
? Avec un fonctionnement continu, probablement une semaine sinon dix jours .? Et elle fonctionne comment ? ?
? Avec de la vapeur d'eau. La vapeur pousse un piston et le piston actionne une pompe. ?
Il fron?a les sourcils. ? De la vapeur ? ?
? Oui. ?
? C'est... possible ? ?
? Vous allez le voir. ?
Le père Anselme s'approcha aussi.
? Monseigneur Rothfeld, ? dit-il doucement, ? j'espère que cette machine n'est pas... impie. ?
? Mon Père, je vous promets qu'il n'y a aucune magie ici seulement de la physique , les lois que Dieu a créées. ?
Il hocha la tête, pas totalement convaincu. Ulric, lui, ricana depuis sa position en retrait.
? Rothfeld et sa machine miraculeuse, ? lan?a-t-il assez fort pour être entendu. ? On va bien voir si c'est de la science ou de la charlatanerie. ?
Je l'ignorai.
Wilhelm s'approcha de moi. ? Monseigneur, la pression est bonne. On peut commencer. ?
? Alors allons-y. ?
Je suis monté sur une petite estrade improvisée en levant la voix.
? Mesdames, messieurs, Excellence, père Anselme. Merci d'être venus aujourd'hui. ?
La foule se tut.
? Cette mine a été abandonnée il y a vingt ans, Inondée. Impossible à pomper avec les méthodes traditionnelles. Aujourd'hui, je vais vous montrer une nouvelle méthode. ?
Je désignai la pompe.
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? Cette machine fonctionne grace à la vapeur d'eau. Quand l'eau bout, elle se transforme en vapeur. La vapeur prend beaucoup plus de place que l'eau liquide . cette expansion crée une force que j'utilise pour pousser un piston. Et ce piston actionne une pompe. ?
Des murmures dans la foule.
? Aucune magie, aucune sorcellerie, seulement de la physique.. ?
Le père Anselme sembla un peu rassuré.
? Si vous êtes prêts, je vais démarrer la machine. ?
Le comte hocha la tête. ? Faites. ?
Je descendis de l'estrade. Rejoignis Wilhelm près de la chaudière.
? C'est parti. ?
? Que Dieu nous aide, ? marmonna Wilhelm.
j’ai vérifié d'abord la pression en posant ma main sur la chaudière, br?lante . La pression était là, je le sentais.
? La température ? ?
? ?a bout depuis une demi-heure. La vapeur est prête. ?
? Bien. ?
Je me suis tourné vers la valve d'admission. Ma main tremblait légèrement.
Lise me regardait depuis la foule inquiète .
Je lui fis un signe de tête rassurant.
Puis j'ouvris lentement la valve d'admission de vapeur..
La vapeur s'engouffrait dans le cylindre sous pression avec un sifflement aigu .
Rien ne se passa pendant deux secondes , puis le piston bougea de deux centimètres. Le joint en cuir grin?a et le cylindre craqua légèrement.
? ?a va tenir ? ? murmurai-je à Wilhelm.
? J'espère. ?
Le piston continua à monter. Dix centimètres, puis vingt , trente.
La bielle connectée au piston se mit en mouvement et la pompe en bois commen?a à monter et descendre. C’est alors , qu’un rythme régulier s’installa .
Clang. Clang. Clang.
Le bruit métallique résonnait.
Et soudain, de l'eau , noire et puante, sortit du tuyau de la pompe.
Environ Cinquante litres par minute.
La foule retint son souffle. Personne ne bougeait , on était tous focus sur le bruit Clang. Clang. Clang de la machine l'eau qui coulait.
Puis quelqu'un cria. ? ?a marche ! ?
D'autres cris arrivèrent suivit d’applaudissements et de rires incrédules pendant que l’eau de la mine remontait lentement mais s?rement .
Je regardai Wilhelm. Il avait un sourire immense.
? On a réussi, monseigneur. ?
? On a réussi. ?
Le comte s'approcha, fasciné.
? Par tous les saints, ? murmura-t-il. ? ?a fonctionne vraiment. ?
? Oui, Excellence. ?
? Comment... Comment avez-vous pensé à ?a ? ?
? J'ai lu beaucoup. J'ai réfléchi et expérimenté.?
Il me regarda avec un respect renouvelé. ? Vous êtes un génie, Rothfeld. ? Le père Anselme s'approcha aussi et observa la machine.
? C'est... C'est extraordinaire. Et vous dites qu'il n'y a pas de magie ? ?
? Aucune mon père , seulement de la vapeur et du fer. ?
? Alors c'est un miracle de Dieu et de de la Création. ?
Je souris. ? Si vous voulez le voir ainsi, oui. ?
La foule applaudissait ,les paysans riaient, incrédules et les notables discutaient entre eux, impressionnés.
Quant à Ulric...
il était livide.
Puis il se ressaisit.
Il s'avan?a, fendit la foule avec ses lèche-bottes.
? Attendez ! ? cria-t-il d'une voix forte.
La foule se tourna vers lui et les applaudissements cessèrent.
? Oui, cette machine fonctionne, ? dit Ulric avec mépris. ? C'est impressionnant, vraiment. Mais regardez qui l'a construite, Rothfeld. Un homme qui a épousé une simple marchande ! ?
il y a eu des murmures dans la foule. Certains étaient d’accord et d'autres semblaient mal à l'aise.
Lise, à c?té de moi, se raidit. Je sentis sa main trembler dans la mienne.
? Il a déshonoré son rang, ? continua Ulric. ? Il a souillé le nom de sa famille. Un noble qui épouse une roturière, c'est une honte. Et maintenant, il vient ici, avec ses machines en prétendant être un bienfaiteur ? ?
Le comte fron?a les sourcils. ? Ulric, ce n'est ni le lieu ni le moment pour ces accusations. ?
? Si, Excellence, c'est exactement le moment ! ? Ulric se tourna vers la foule. ? Cet homme nous montre une machine, certes. Mais à quel prix ? Celui de l'honneur ? de nos traditions ? ?
Il pointa Lise du doigt.
? Cette femme n'est qu'une roturière. Elle vend du tissu au marché et n'a rien à faire aux c?tés d'un noble. Rothfeld a trahi sa classe en l'épousant. ?
Mon sang bouillonna..
? Ulric, ? dis-je calmement malgré la rage qui montait, ? Retire tes paroles. Maintenant. ?
? Pourquoi ? C'est la vérité. ? Il ricana. ? Tu as épousé une catin de marchande. Tout le monde le sait. ?
Lise eu les larmes aux yeux.
Et moi... je vis rouge.
? Retire tes paroles, ? répétait-je, avec ma voix glaciale. ? Immédiatement. ?
? Ou quoi ? ? ricana Ulric. ? Tu vas me frapper ? ?
? Non. Je vais te défier en duel. ?
Le silence tomba sur la foule.
Le comte écarquilla les yeux. ? Rothfeld... ?
? Baron Ulric, ? dis-je d'une voix forte pour que tout le monde entende, ? tu as insulté mon épouse devant témoins , tu l'as traitée de catin. Retire tes paroles ou affronte-moi en duel. ?
Ulric tressaillit.
Les duels entre nobles étaient légaux mais rares et souvent mortels.
? Je... je ne voulais pas... ?
? Tu as dit ce que tu as dit devant cent personnes retire ces mots ou bats-toi. ?
Ulric regarda autour de lui. Ses lèche-bottes évitaient son regard.
Il était seul.
? Je... ? Il déglutit. ? Je retire mes paroles. ?
? Plus fort. ?
? Je retire mes paroles ! ?
? Et tu présentes tes excuses à mon épouse. ?
Il me regarda, horrifié. ? Tu... ?
? Maintenant. ?
Il se tourna vers Lise. Marmonna, ? Je... Je m'excuse. ?
? Plus fort, ? exigeai-je.
? Je m'excuse, madame Rothfeld. ?
Lise ne dit rien elle me regarda avec les larmes qui coulaient.
Je me suis approché d'elle, et je l'ai prise dans mes bras devant tout le monde.
? Tu vaux plus que tous les nobles de ce royaume réunis, ? murmurai-je assez fort pour être entendu.
La foule applaudit. Certains le firent timidement et d'autres avec enthousiasme.
Ulric, humilié, tourna les talons et s'enfuit. Ses lèche-bottes le suivirent.
Le comte s'approcha de moi.
? Baron Rothfeld, ? dit-il gravement, ? vous venez de faire quelque chose de très audacieux. ?
? Je sais, Excellence. ?
? Ulric est un homme dangereux, vous vous êtes fait un ennemi. ?
? Il l'était déjà. ?
Le comte sourit légèrement. ? Peut-être. Mais vous avez aussi gagné du respect aujourd'hui. Votre machine fonctionne et vous avez défendu votre honneur et celui de votre épouse.vous avez fait preuve de beaucoup de courage. ?
? Merci, Excellence. ?
? Pouvez-vous construire d'autres machines comme celle-ci ? ?
? Oui, avec les ressources appropriées. ?
? Bien. ? Il hocha la tête. ? Je vais en parler au roi. ?
Mon c?ur bondit. ? Le roi ? ?
? Oui. Il faut qu'il sache ce que vous avez accompli ici. ?
La pompe fonctionnait toujours et l'eau remontait, litre après litre.
Les gens restèrent encore une heure fascinés par la machine puis ils partirent un par un.
Le comte partit le dernier avec une dernière poignée de main à mon egard.
? Le roi saura la situation Rothfeld. Comptez sur moi. ?
Quand tout le monde est parti, je suis resté seul avec Lise devant la pompe.
? Tu vas bien ? ? demandai-je.
? Oui. ? Elle essuya ses larmes. ? Merci. ?
? De quoi ? ?
? Merci de m'avoir défendue. Personne... personne ne s'est jamais battu pour moi comme ?a. ?
? Je le ferai toujours ma chérie. ?
Elle m'embrassa longuement puis regarda la pompe avec moi.
? ?a marche, ? dit-elle doucement.
? Oui ?a marche . ?
? Qu'est-ce qui se passe maintenant ? ?
? Maintenant... on attend. Le comte va parler au roi et peut-être qu'il m'invitera à la capitale ou peut-être pas. ?
Cette nuit-là, j'ai écrit dans mon journal.
Journal. Jour 487.
Aujourd'hui, j'ai testé la pompe à vapeur,Elle a fonctionné parfaitement.
Le comte était impressionné, le prêtre aussi et la foule applaudissait.
Mais Ulric... Ulric a insulté Lise devant tout le monde.
Je l'ai défié en duel et il lui a présenté ses excuses.
Mais je sais que ce n'est pas fini Ulric est furieux.
Il va revenir d'une manière ou d'une autre.
FIN DU CHAPITRE 17

